limits_home.gif (2310 bytes)webimage/sector/no.gif
sector_home.gif (1688 bytes)

07/05/1998

Les 1000 derniers Milles

Depuis cette nuit, moins de 1000 milles separent Peggy de son arrivee aux
Antilles, la voila face au dernier tiers de son parcours, le plus beau,
celui qui mene a la victoire, a la recompense.

Autre bonne nouvelle pour Peggy: son telephone satellite fonctionne a
nouveau ! A force d'acharnement, de demontages et d'essais dans des
conditions d'inconfort que l'on peut imaginer, Peggy est venu a bout de la
panne et a pu entrer en contact avec le PC d'Issy les Moulineaux. Ce fut
pour elle un soulagement bien qu'elle se fut vite acclimatee a son isolement
: "Le fait de ne plus entendre de voix ne me genait pas trop : Je me les
imaginais au travers des fax que je recevais. Je vis dans un monde ou
l'imagination a remplace la parole".

Peggy nous a, par ailleurs, confie qu'elle etait sereine et plus determinee
que jamais : "L'essentiel est d'occulter ses douleurs, ses peurs, de
cultiver cette haine du decouragement qu'il faut combattre jour apres jour,
coup d'aviron apres coup d'aviron."

Sa progression, ces derniers jours, traduit son regain d'energie et de
motivation puisque Peggy ne cesse d'accroitre sa moyenne quotidienne, qui
s'eleve a present aux alentours de 45-50 Milles, remarquable rythme,
maintenu dans des conditions meterologiques irregulieres.


La meteo offrira de meilleures conditions a compter de lundi avec un regime
de vents forts (15 a 20 noeuds) orientes est-sud-est. Seul intermede delicat
a gerer pour Peggy : les quatres jours a venir ou elle devra affronter une
houle de nord croisee et des vents faiblaissants.


Apres presque deux mois de mer, elle nous confiait ses impressions :
"Toutes les odeurs, les parfums propres a chaque personne, a chaque chose
ont maintenant totalement disparu. Mon rythme de vie est celui des lumieres,
des impulsions : je me leve a l'aube, je mange quand je veux, c'est un
comportement presque originel, animal. Je ne jette un coup d'oeuil a ma
montre que pour verifier que j'ai bien effectue mes 10 heures de rame
quotidiennes…. Si je n'ecrit pas chaque jour sur mon livre de bord ce qui
s'est passe, mes sentiments, mes souvenirs, la position, le nombre de milles
parcourus, tout cela s'envole au gre du vent…

Peggy, a bord du Sector No Limits".


DATE: 19/03/98 LA CHANCE SOURIE AUX AUDACIEUSES...
PARTIE IL Y A NEUF JOURS DES ILES CANARIES, PEGGY BOUCHET A SU PROFITER DE CONDITIONS METEOROLOGIQUES EXCEPTIONNELLES, QUI LUI ONT PERMIS DE COUVRIR PLUS DE 300 MILLES DEPUIS SON DEPART. APRES 48 HEURES DE MISE EN TRAIN,
D'ACCLIMATATION AU MILIEU MARIN, DURANT LESQUELLES PEGGY A SOUFFERT DU MAL
DE MER, ELLE ABAT MAINTENANT REGULIEREMENT SES 50 MILLES PAR JOUR, UNE DISTANCE PLUS QU'HONORABLE, ELLE SEMBLE DESORMAIS PROFITER PLEINEMENT DE SON AVENTURE : "DEPUIS LE DEPART LE CORDON A ETE COUPE, L'EXALTATION M'EMPOIGNE, JE SUIS VERITABLEMENT GRISEE PAR L'INCROYABLE LIBERTE QUI SE DEGAGE DE CETTE
AVENTURE."BIEN QUE LE BATEAU AIT ETE PARTICULIEREMENT BIEN PREPARE, LES CONDITIONS A BORD DU SECTOR NO LIMITS RESTENT ASSEZ SPARTIATES : "LES DEUX PREMIERS JOURS ONT ETE UNE PERIODE D'ACCLIMATATION POUR LE BATEAU ET MOI-MEME. C'EST COMME SI NOUS RESSENTIONS UNE SORTE D'HESITATION, DE TIMIDITE RECIPROQUE ! CHAQUE MATIN, J'AI LE REEL SENTIMENT D'AVOIR PASSE LA NUIT DANS UN SHAKER,
FREQUEMMENT REVEILLEE PAR LES GOUTELETTES QUI TOMBENT DU PLAFOND DE LA
CABINE EN RAISON DE LA CONDENSATION QUI REGNE A L'INTERIEUR. CHOCOLAT,
CEREALES, PETITS PAINS SUEDOIS, BRIN DE TOILETTE ET HOP ! AUX AVIRONS.
DEPUIS QUELQUES JOURS, J'AI ENFIN PU OTER VESTE DE QUART ET PANTALON : LA
HOULE EST PLUS REGULIERE ET LE COCKPIT ET MOI MEME AVONS CESSE DE PRENDRE
UNE DOUCHE FORCEE TOUTES LES TROIS MINUTES...". AU PROGRAMME DE LA JOURNEE
NEUF HEURES D'AVIRONS, AVEC UNE PAUSE TOUTES LES DEUX HEURES, ET UN DEJEUNER
QUI BIEN SOUVENT PASSE A LA TRAPPE: "LA TEMPERATURE EST SI ELEVEE A
L'INTERIEUR DANS LA JOURNE, QUE LA CUISINE N'EST PAS UNE PARTIE DE PLAISIR,
ALORS AUTANT FAIRE QUELQUE CHOSE D'UTILE."

UNE FOIS PAR JOUR, LE STANDARD C EST MIS EN VEILLE ET PEGGY RECOIT LES
MESSAGES D'ENCOURAGEMENTS QUI LUI SONT TRANSMIS DU PC. LE SOIR, LA TENUE DU
JOURNAL DE BORD, UN PEU DE LECTURE ET DE MUSIQUE SONT LES SEULES OCCUPATIONS
A BORD : "CE SOIR, PAS DE SORTIES... JE VAIS ESSAYER DE RECONSTITUER UNE
AMBIANCE "TECHNO" EN INSTALLANT LE FLASH A L'INTERIEUR DE L'HABITACLE, MAIS
JE CRAINS QUE CELA NE SOIT VAIN !"

COTE SANTE, RAS, A PART LES PETITS MAUX HABITUELS, AMPOULES, MAL AU DOS, MAL
AUX FESSES, LA SOLITUDE NE SEMBLE PAS AFFECTER LE MORAL ET LA DETERMINATION
DE LA JEUNE RAMEUSE : "ICI, LA SOLITUDE EST DOUBLE : CELLE DE LA MER ET
CELLE DE LA NUIT. LA NUIT, CHAQUE BRUIT EST AMPLIFIE, L'OUIE PREDOMINE SUR
LES AUTRES SENS. IL M'ARRIVE DE PLUS EN PLUS DE ME METTRE AUX AVIRONS LA
NUIT, QUITTER CETTE RESONANCE SOUS MARINE DE LA CABINE ET QUITTER CETTE
SERRE OU LA CONDENSATION M'OBLIGE SANS CESSE A EPONGER LES PAROIS ET LE
PLAFOND DE LA CABINE. SUR CE, JE VOUS EMBRASSE TOUS : IL FAUT QUE J'Y
RETOURNE, J'AI ENCORE UN PEU DE CHEMIN A FAIRE... PEGGY A BORD DE SECTOR NO
LIMITS".

 

From: "hubert" <hdelav@mediatop.com>
To: <webmaster@oceanrowing.com>
Subject: Allez Peggy!
Date sent: Wed, 25 Mar 1998 10:02:13 +0100

Chère Peggy,
Que se passe t'il? Ta route semble revenir vers l'Est!
Allez Peggy! Come on Peggy!
Tous les rameurs français rament toujours avec toi et t'encouragent pendant
ta traversée. A bientôt.

Amicalement

Hubert

PB1-Boat_upperview.JPG (33325 bytes)